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Sécurité routière : quelles sont vraiment les priorités ?
La sécurité routière devrait avoir une seule priorité : protéger les usagers de la route.
Mais l’expérience du terrain révèle parfois un décalage troublant entre cet objectif essentiel et le choix des contrôles, des poursuites et des sanctions.
D'autres logiques seraient-elles à l'oeuvre ... aux dépens de la sécurité routière ?
L’expérience concrète du terrain
Chaque jour, je recois des procès-verbaux transmis par mes clients.
Beaucoup expriment leur incompréhension d'avoir été verbalisés pour des infractions qui ne représentent aucun danger réel pour la sécurité routière.
Je dois reconnaître que, dans de nombreux cas, leur réaction me paraît légitime (notamment concernant les légers excès de vitesse).
En effet, un constat revient régulièrement : pendant que les autorités consacrent des moyens importants à traquer des infractions mineures, les routes restent confrontées à des comportements nettement plus dangereux, tels que :
- les excès de vitesse très importants
- la conduite sous l’influence de l’alcool ou de stupéfiants
- l’utilisation illégale du téléphone au volant
Or, ces comportements figurent parmi les principales causes d’accidents graves.
Cette réalité peut parfois donner le sentiment que la politique répressive poursuit également (et avant tout ?) un objectif budgétaire important, les recettes issues des sanctions étant particulièrement élevées (576 millions d'euros d'amendes routières perçues en 2024).
Ces constats illustrent le décalage parfois existant entre les objectifs affichés par les autorités et la réalité du terrain.
L’expérience quotidienne d’un avocat intervenant en matière d’infractions routières permet d’apporter un éclairage utile sur ces questions.
L’absence de hiérarchisation des poursuites
Un autre phénomène apparaît régulièrement dans la pratique.
Certaines infractions relativement mineures peuvent conduire rapidement devant le Tribunal de Police, notamment lorsqu’elles sont contestées.
À l’inverse, il n’est pas rare que des faits nettement plus graves mettent plusieurs années avant d’être jugés.
En d'autres termes, le Parquet (chargé de fixer le calendrier des poursuites) semble ignorer la notion de priorité.
Pour preuve, de plus en plus de Tribunaux constatent le dépassement du délai raisonnable lorsque les dossiers (notamment pour des faits graves) sont restés trop longtemps sans traitement par le Parquet.
Cette situation suggère qu’en pratique, la gravité des faits et les antécédents du conducteur ne constituent pas les critères déterminants dans l’ordre de traitement des dossiers.
Une focalisation sur la vitesse
En Belgique, la vitesse excessive intervient dans moins d’un accident sur trois.
Pourtant, elle constitue aujourd’hui l’objet principal des contrôles routiers.
Grâce aux radars automatiques, chaque véhicule qui passe devant un dispositif est contrôlé, qu’il soit ou non en infraction. Soit des millions de contrôles chaque jour ! Oui, des millions de contrôles de vitesse chaque jour en Belgique.
Dans le même temps, d’autres causes majeures d’accidents — notamment la conduite sous l’influence de l’alcool ou de stupéfiants — font l’objet de contrôles beaucoup plus rares.
Cette situation s’explique par la facilité technique des contrôles automatisés, mais aussi par les recettes importantes qu’ils génèrent pour les finances publiques.
Sécurité routière, que tu as bon dos !
Un système de sanctions parfois difficile à comprendre
Le régime des sanctions peut également susciter certaines interrogations.
Prenons l’exemple d’une zone limitée à 30 km/h.
- circuler à 31 km/h entraîne une perception immédiate de 68 € (58 + 10,67 de supplément administratif)
- circuler à 40 km/h entraîne la même sanction
Autrement dit, un dépassement très limité (1 km/h) et un dépassement dix fois plus important sont sanctionnés de manière identique.
Pourtant, il apparaît évident que le danger réel pour les usagers de la route n’est pas comparable.
Ce type de mécanisme peut donner l’impression que la logique financière l'emporte sur une véritable logique de prévention des risques.
Le discours des autorités
Dans un communiqué du 18 juillet 2025, la ministre de la Justice, Annelies Verlinden, déclarait :
« Nous envoyons un signal fort qui montre que la sécurité routière est une priorité absolue pour ce gouvernement. »
Cette ambition est naturellement légitime et largement partagée.
Toutefois, l’analyse concrète des contrôles, des poursuites et des sanctions peut révéler un décalage entre les objectifs affichés et la réalité du terrain.
C’est précisément ce décalage que ce site se propose d’examiner et d’expliquer.
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