GSM au volant 45 morts et 4.500 blessés par an en Belgique !
Téléphone au volant :
10 % des accidents mortels
Pendant des années, toute l’attention des autorités s’est portée sur la vitesse.
Pendant ce temps, l’usage du GSM au volant a continué à faire des ravages.
Aujourd’hui, le Parquet s'en rend (enfin) compte.
Mais il reste énormément à faire au-delà des discours.
GSM au volant en Belgique : 45 morts et 4.500 blessés chaque année
L’utilisation du GSM au volant constitue aujourd’hui l’une des principales causes d’accidents de la route en Belgique.
Chaque année :
- 45 personnes perdent la vie
- 4.500 personnes sont blessées
Et la victime n’est évidemment pas toujours le conducteur qui manipulait son téléphone.
Pendant longtemps pourtant, la lutte contre ce comportement a été largement négligée, alors même que la politique de sécurité routière se concentrait presque exclusivement sur la vitesse.
Dans cette page, vous trouverez :
- les chiffres clés concernant le GSM au volant
- l’évolution (très lente) de la répression
- mon analyse du positionnement du Parquet de Liège
- mes propositions pour une politique plus cohérente et plus efficace
Les chiffres : un danger bien réel
Chaque année en Belgique, 45 personnes décèdent et environ 4.500 sont blessées dans des accidents liés à l’utilisation d’un GSM au volant.
Ces statistiques rappellent une évidence : le conducteur distrait par son téléphone met en danger tous les usagers de la route.
Les victimes peuvent être :
- des automobilistes
- des cyclistes
- des motards
- des piétons
L’usage du téléphone au volant constitue donc un problème majeur de sécurité routière.
Une répression longtemps insuffisante
Pendant de nombreuses années, l’usage du GSM au volant a été faiblement sanctionné.
Dans la plupart des cas, l’infraction se soldait simplement par le paiement d’une perception immédiate de 116 euros.
Cette sanction présentait plusieurs caractéristiques :
- aucune suspension du permis de conduire
- aucune inscription au casier judiciaire
- la possibilité de recommencer sans conséquence réelle
En 2022, cette perception immédiate a été portée à 174 euros.
Autrement dit, pendant longtemps, une des causes importantes d’accidents mortels était sanctionnée par le paiement d'un montant relativement modeste.
Des campagnes ponctuelles de répression maximale
Face à l’inefficacité de cette politique, certains Parquets ont décidé de lancer des campagnes ponctuelles de répression très sévère, généralement sur deux jours.
Durant ces opérations, les conducteurs interceptés risquaient alors :
- un retrait immédiat du permis de conduire pendant 15 jours
- l’impossibilité de poursuivre leur trajet
- une citation devant le Tribunal de police
- une amende pouvant atteindre plusieurs milliers d’euros
- une déchéance du droit de conduire pouvant aller jusqu’à 5 ans
- une inscription au casier judiciaire
On passait donc brutalement d’une perception immédiate de 174 euros à la sanction maximale.
Cette situation créait une inégalité manifeste entre conducteurs, selon le lieu ou la date à laquelle l’infraction était constatée.
À l’époque, j’ai dénoncé dans la presse :
- ces discriminations injustifiables pour un comportement identique
- le sentiment d’injustice ressenti par les conducteurs concernés
- certains retraits immédiats du permis juridiquement contestables, ce que les tribunaux ont reconnu
- une politique criminelle basée sur une justice “par l’exemple” largement médiatisée
Aujourd’hui, plusieurs Parquets annoncent vouloir appliquer plus systématiquement cette politique répressive.
Le mauvais exemple du Parquet de Liège
Dans une publication Facebook du 17 février 2026, le Procureur du Roi a présenté la nouvelle politique du Parquet de Liège concernant l’utilisation du GSM au volant.
Il y explique notamment que ce renforcement est nécessaire parce que « certains n’ont toujours pas compris ».
On pourrait cependant observer que le Parquet lui-même a mis de nombreuses années à reconnaître l’inefficacité de la politique menée jusque-là.
Plusieurs éléments de cette communication interpellent également.
Par exemple :
- une confusion entre perception immédiate et amende judiciaire, pourtant deux notions distinctes
- un montant maximal d’amende erroné (4.000 € évoqués alors qu’il peut atteindre 5.000 €)
- l’énumération de comportements qui seraient désormais « non tolérés »
Cette communication adopte en outre un ton ironique qui risque surtout de nuire à la crédibilité du message.
En matière de sécurité routière, la pédagogie est essentielle. Or ce type de communication démontre que certaines autorités judiciaires n’en maîtrisent pas toujours les ressorts.
De plus, ce genre de campagne de communication relève avant tout de l'effet d'annonce. Or, dans les journaux du groupe Sudinfo parus ce 16/03/2026, ce même Procureur du Roi se plaint des "effets d'annonce" émanant du gouvernement. Il fallait oser ...
Que dit réellement la loi ?
L’article 8.4 du Code de la route prévoit :
« Sauf lorsque son véhicule est à l’arrêt ou en stationnement, le conducteur ne peut utiliser, tenir en main ni manipuler aucun appareil électronique mobile doté d’un écran, à moins qu’il ne soit fixé au véhicule dans un support destiné à cette fin. »
Autrement dit, l’interdiction vise principalement le fait de tenir l’appareil en main.
Si le téléphone est placé dans un support adapté, son utilisation est en principe autorisée.
Le véritable problème : la distraction
À mon sens, le danger ne réside pas uniquement dans le fait de tenir l’appareil en main, mais surtout dans l’usage qui en est fait.
La distraction du conducteur peut provenir :
- de la lecture ou de l’envoi de messages
- de la consultation d’applications (notamment de guidage)
- ou même d’une conversation téléphonique qui monopolise l’attention
Et cela même lorsque le téléphone est placé dans un support et que la loi est respectée.
Mes propositions
Au regard de ces constats, plusieurs points me paraissent essentiels.
1. Clarifier la loi
La législation actuelle se concentre surtout sur la prise en main de l’appareil, alors que le danger réside souvent dans la distraction cognitive du conducteur.
Une réflexion plus large sur l’usage du téléphone en conduisant est donc nécessaire.
2. Garantir l’égalité entre conducteurs
Un même comportement ne devrait pas être sanctionné de manière radicalement différente selon l’arrondissement judiciaire ou le jour du contrôle.
La politique pénale doit être cohérente sur l’ensemble du territoire. Actuellement, la situation reste floue à ce sujet.
3. Encadrer le retrait immédiat du permis
Le recours systématique au retrait immédiat du permis de conduire pose également problème.
Cette mesure est en effet décidée sans contrôle préalable d’un Juge.
Or, lorsque le tribunal acquitte finalement le conducteur — ce qui arrive régulièrement en raison d’imprécisions dans la loi ou dans les constatations policières — les conséquences du retrait ont déjà été subies. Et il n’existe malheureusement aucun moyen d’effacer rétroactivement ces effets parfois très lourds.
4. Adopter une politique criminelle claire et efficace
Jusqu'à présent, le traitement par les Parquets de l'utilisation illégale du téléphone au volant s'est révélée chaotique et peu efficace (ce que les Parquets reconnaissent).
Une des importantes causes (environ 10 %) d'accidents de la route mérite une politique criminelle claire et efficace.
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