Bouquet de fleurs attaché à un poteau en bord de route, avec des voitures en mouvement en arrière-plan et un environnement boisé.

Homicide routier

Une solution ou un symbole ?

Homicide routier Une solution ou un symbole ?

Nommer le drame … ou l’éviter

En remplaçant l’« homicide involontaire » par l’« homicide routier », le législateur belge veut envoyer un message de fermeté face aux comportements les plus dangereux.

Mais cette évolution juridique soulève une question centrale : s’agit-il d’une réponse réellement efficace… ou d’un symbole politique ?

« Homicide routier » : un mot qui rassure… mais résout-il le problème ?

Dans quelques semaines apparaîtra en Belgique une nouvelle qualification pénale : homicide routier.

Plutôt que de parler d'homicide involontaire, les personnes qui auront causé un accident de la route mortel - notamment sous l'influence de l'acool - seront accusées d'avoir commis un homicide routier.

Le terme est puissant.
Il frappe l’opinion.
Il donne le sentiment d’une réponse ferme face aux drames de la route.

La création de l’« homicide routier » séduit donc facilement. Elle semble envoyer un message clair : les comportements les plus graves seront punis plus sévèrement.

Mais derrière ce changement de vocabulaire, une question essentielle mérite d’être posée.

Changer le mot change-t-il réellement la réalité ?

L’illusion d’une dissuasion renforcée

La logique est simple :
si l’infraction porte un nom plus grave et si les peines maximales sont augmentées, les conducteurs réfléchiront davantage avant de prendre des risques.

Le futur auteur d’une infraction ferait alors un calcul rationnel :

Le risque pénal est trop élevé. Je renonce.

Cette théorie suppose pourtant une chose :
que les drames de la route soient le résultat d’un calcul froid et réfléchi.

Or la réalité est souvent tout autre.

Alcool.
Fatigue.
Imprudence.
Excès de confiance.
Addictions.

Autant de situations dans lesquelles le raisonnement rationnel disparaît.

L’histoire nous met pourtant en garde

Nous avons déjà entendu cet argument : la peur de la sanction ferait reculer la criminalité.

Pendant longtemps, certains ont affirmé que les peines les plus sévères — jusqu’à la peine de mort — constituaient l’arme la plus efficace contre le crime.

L’histoire a montré les limites de cette croyance.

Pourtant, face à chaque nouveau problème, la tentation réapparaît :
durcir les mots, augmenter les peines, et espérer que la peur fasse le reste.

Une réponse symbolique… ou une réponse efficace ?

Soyons clairs : les drames de la route méritent une réponse forte.

Mais la véritable question n’est peut-être pas celle du vocabulaire.

La véritable question est celle de l’efficacité réelle des politiques de sécurité routière.

Car protéger des vies exige plus que des symboles.
Cela exige des mesures qui agissent réellement sur les comportements.

Et sur ce terrain, les réponses les plus visibles ne sont pas toujours les plus efficaces.

Le signal politique

Dans son communiqué du 18 juillet 2025, la ministre de la Justice Annelies Verlinden déclarait :

« Nous envoyons un signal fort qui montre que la sécurité routière est une priorité absolue pour ce gouvernement. Nous voulons adresser un message clair à tous les usagers de la route, et en particulier aux récidivistes qui ne semblent toujours pas conscients des conséquences de leur conduite dangereuse. »

Un signal fort.
Un message clair.

La communication est parfaite.

Mais derrière les mots, une question demeure :

agit-on vraiment sur les causes des drames de la route ?

L’illusion de l’action

Changer une qualification pénale.
Durcir les peines maximales.
Créer une nouvelle infraction.

Tout cela donne l’impression d’agir.

Et peut-être — je dis bien peut-être — que cela apportera une forme de reconnaissance symbolique aux proches des victimes.

Mais soyons lucides.

Cela ne changera presque rien si les comportements dangereux restent les mêmes.

Les victimes… futures

Je vais employer un mot qui dérange.

Les futures victimes.

Oui, futures.

Car si l’on se contente de changer le vocabulaire sans traiter les causes profondes — addictions, récidives, comportements à risque — ces victimes continueront d’exister.

Les lois auront changé.

Les drames, eux, continueront.

Mon ambition est différente

Je ne cherche pas seulement à atténuer la douleur après l’accident.

Je veux réduire le nombre d’accidents mortels.

Cela suppose de regarder la réalité en face :
les comportements dangereux ne disparaissent pas parce qu’on modifie une qualification pénale.

Ils disparaissent lorsque la société décide réellement de les prendre en charge.

Le vrai enjeu

La sécurité routière ne se joue pas dans un changement de mot.

Elle se joue dans la capacité d’une politique publique à agir sur les comportements humains.

Car au fond, la question n’est pas :

Comment nommer le drame ?

La vraie question est :

Comment éviter qu’il se produise ?

Nous répondons à vos questions

Besoin d’un renseignement supplémentaire ? Contactez-nous par téléphone ou via le formulaire en ligne.

Une expérience unique

Nous sommes soucieux de vous offrir une navigation sécurisée et personnalisable. Nous utilisons à cette fin des cookies afin de vous proposer des offres adaptées à vos centres d’intérêt, recueillir anonymement des données de statistiques et vous permettre une visite la plus agréable possible.